Choisir un éleveur

Comment trouver un bon éleveur pour acheter un chiot

Dix critères, une liste de questions à poser au téléphone et ce qu’il faut regarder sur place : le guide d’une éleveuse de Plouisy, sans jargon.

Labrador noire allongée sur un tapis, avec ses chiots noirs et chocolat qui tètent

Il n’existe pas un éleveur « meilleur » que tous les autres : il existe un éleveur qui convient à votre projet, qui travaille proprement, qui répond à vos questions sans s’agacer et qui reste joignable après le départ du chiot. Voici comment le reconnaître. Nous sommes éleveurs à Plouisy, à quatre kilomètres de Guingamp ; nous vous disons donc aussi ce que nous vous demandons, et ce que nous ne ferions pas à votre place.

Avant de chercher : êtes-vous prêt(e) ?

La plupart des déceptions ne viennent pas d’un mauvais éleveur, mais d’un projet mal mûri. Un chien vit souvent douze à quinze ans. Cela veut dire douze ans de promenades par tous les temps, de vacances à organiser, de factures de vétérinaire et de poils sur le canapé. Prenez une soirée pour répondre franchement à trois questions.

  • Le temps : qui sera là chaque jour, et pendant combien d’heures, surtout les premiers mois ?
  • L’argent : le prix du chiot n’est que l’entrée. Alimentation, assurance, soins courants et imprévus reviennent chaque année ; l’article sur le budget d’un berger américain miniature donne des ordres de grandeur.
  • Le caractère de la race : un chien de berger a besoin d’occupation, un labrador de contact et d’exercice. Lisez une fiche de race entière avant de regarder des photos de chiots.
Chiot labrador au pelage sombre, debout dans l’herbe, tourné de côté
Un jeune labrador dans l’herbe d’un jardin : regarder où vivent les chiots fait partie du choix.

Où chercher, et où se méfier

Commencez par les sources qui vérifient quelque chose. La Société centrale canine (SCC) tient le Livre des origines français (LOF) et publie des informations sur les éleveurs inscrits ; les clubs de race connaissent les élevages de leur race et les tests de santé qui y comptent ; les vétérinaires de votre commune savent, eux, quels élevages leur ramènent des chiots en bonne forme. Le bouche-à-oreille entre adoptants reste aussi précieux : demandez à parler à une famille qui a un chien de la même origine.

Les portails d’annonces sont utiles pour comparer, pas pour se fier. Une annonce sérieuse comporte des mentions obligatoires : numéro SIREN (ou numéro de portée, dans le cas particulier des chiens LOF), âge des chiots, numéro d’identification du chiot ou de sa mère, inscription ou non à un livre généalogique, nombre de chiots de la portée. Une annonce qui n’en affiche aucune doit vous faire hésiter.

Les dix critères d’un élevage sérieux

  1. Un statut vérifiable : SIREN lisible, retrouvé sur l’annuaire officiel des entreprises.
  2. Une identification : puce électronique avant le départ, carte d’identification remise.
  3. Des parents visibles : au moins la mère, avec ses chiots, dans le lieu où ils vivent.
  4. Un statut de race clair : inscrit au LOF ou non, écrit noir sur blanc.
  5. Des tests de santé nommés, avec leurs résultats, pas un vague « parents testés ».
  6. Un lieu de vie propre, avec des chiots élevés au contact des gens et des bruits d’une maison.
  7. Un nombre de races raisonnable : pas de chiots disponibles toute l’année dans dix races.
  8. Un âge de départ respecté : jamais avant huit semaines révolues.
  9. Des papiers complets (voir plus bas), remis le jour du départ.
  10. Un suivi : un numéro qui répond encore après la vente.

Les questions à poser par téléphone

Appelez plutôt qu’écrire : on entend vite si l’interlocuteur connaît sa race. Voici de quoi remplir un carnet de notes.

  • Combien de chiennes reproductrices avez-vous, et combien de portées cette année ?
  • Quels tests de santé ont passé le père et la mère, et puis-je en voir les résultats ?
  • Les chiots sont-ils inscrits au LOF ? Si non, comment l’annonce le présente-t-elle ?
  • Où vivent les chiots et avec qui grandissent-ils ?
  • Que mange la portée, et pourrai-je repartir avec la même alimentation ?
  • Quel est le prix, que comprend-il, et comment se passe la réservation (arrhes ou acompte, remboursement, contrat) ?
  • Que se passe-t-il si, plus tard, je ne peux plus garder le chien ?

Ce qu’un éleveur sérieux vous demande aussi

La conversation va dans les deux sens. Chez nous, tout commence par un échange téléphonique, puis nous vous proposons une visite avant toute adoption : nous voulons savoir où vivra le chiot, avec qui, combien d’heures il sera seul, si le jardin est clos, si les enfants et les autres animaux sont prêts. Ce ne sont pas des questions de curiosité. Un éleveur qui vend sans rien demander cède un chiot à n’importe qui, y compris à quelqu’un qui n’a pas réfléchi à la suite. Pour un chiot, la loi l’exprime aussi : l’acquéreur signe un certificat d’engagement et de connaissance des besoins de l’animal, sept jours minimum avant de repartir avec lui.

Visiter l’élevage : quoi regarder, quoi refuser

Venez avec du temps. Regardez la mère : en forme, curieuse ou à l’aise avec les visiteurs, pelage en état. Regardez les chiots : éveillés, propres, ni apathiques ni terrorisés. Regardez le sol, l’eau, les couchages. Prenez le chiot dans les bras si on vous y invite, observez ses yeux, son nez, ses oreilles, la peau sous le poil.

Berger américain miniature adulte red merle aux yeux bleus, la gueule ouverte, sur un chemin de gravier
Un berger américain miniature adulte, en laisse sur un chemin de gravier : rencontrer au moins un des parents, c’est comprendre la taille et le tempérament du futur adulte.

Refusez poliment, et partez, si l’on vous propose de « retrouver le chiot dans le parking », si l’on vous presse de payer sur place, si l’on vous cache la mère ou si l’on vous présente comme « sa maman » un chien qui n’en montre aucun signe. Chez nous, les visites se font du lundi au samedi, sur rendez-vous uniquement : cela évite de croiser dix familles à la fois et laisse le temps de répondre à vos questions. Profitez-en pour observer comment les chiens vivent entre eux, comment ils réagissent quand quelqu’un arrive, et pour demander à voir le chiot que vous aviez repéré en photo : une portée, cela se regarde en vrai, au calme, sans se laisser bousculer.

Les documents que vous devez recevoir

Au départ du chiot, vous devez repartir avec un dossier. Il comprend l’attestation de cession, le document d’identification (puce), le certificat vétérinaire de bon état de santé, le document d’information sur les besoins de l’animal, le carnet de santé avec les vaccins et vermifuges, et, pour un chien de race inscrit au LOF, le pedigree ou le document officiel de la SCC. La liste détaillée, avec les textes à jour, est dans l’article sur les documents obligatoires à l’achat d’un chiot. Chez nous, le chiot repart identifié, primo-vacciné, vermifugé, avec son carnet de santé et un petit kit pour les premiers jours.

Les signaux d’alerte

Cinq chiots berger américain miniature nouveau-nés, de couleurs différentes, blottis sur un tapis bleu
Cinq chiots nouveau-nés sur un tapis : dans une annonce honnête, les photos montrent la vraie portée, à son âge réel.

Un seul de ces signaux ne condamne pas un vendeur ; plusieurs ensemble, oui. Prix très inférieurs au marché, photos qui circulent sur d’autres annonces (une recherche d’image inversée le montre en deux clics), pression pour verser un acompte tout de suite, transporteur imposé, refus de visio, numéro SIREN absent ou qui ne correspond pas au nom. Le guide sur les arnaques au chiot sur internet passe en revue douze situations types.

Si vous êtes en Bretagne ou dans une région voisine, vous pouvez commencer par voir comment nous travaillons : la page L’élevage décrit le lieu, et les chiots disponibles et portées à venir indiquent où nous en sommes de chaque race.

FAQ

Questions fréquentes

Un éleveur peut-il être « agréé » ?

Le mot est trompeur. Il n’existe pas, pour un éleveur de chiens, de label « agréé » que l’on afficherait comme une médaille. Ce qui existe : l’immatriculation (numéro SIREN) du professionnel, ou, pour les chiens inscrits au LOF, un cadre limité de cession occasionnelle. Quand une annonce parle d’élevage « agréé » ou « certifié » sans dire par qui, posez la question, puis vérifiez le SIREN sur l’annuaire des entreprises. Le nôtre, 532 846 144, y est consultable.

Faut-il toujours choisir un chiot inscrit au LOF ?

Non, mais il faut savoir ce que l’on achète. Le LOF prouve la filiation et l’appartenance à une race ; un chiot sans LOF peut très bien être un compagnon adorable, à condition que l’annonce le dise et que le prix en tienne compte. La différence est détaillée dans l’article chiot LOF ou non LOF.

Peut-on acheter un chiot sans l’avoir vu ni avoir vu ses parents ?

C’est le premier réflexe à ne pas avoir. Sans rencontre, ni en vrai ni en visioconférence, rien ne prouve que le chiot existe, qu’il a l’âge annoncé, ni qu’il vient de la portée montrée en photo. Un éleveur qui refuse toute visite, même à distance, vous donne déjà sa réponse.

Combien de portées par an est-ce raisonnable ?

Il n’y a pas de chiffre magique à retenir : posez deux questions, combien de chiennes reproductrices et combien de portées sur l’année écoulée, puis jugez si chaque chienne a le temps de se remettre. Chez nous, les chiennes sont mises à la reproduction à un rythme raisonnable : c’est pour cela qu’il n’y a pas de chiots toute l’année pour chaque race.

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